En Suisse, 15 600 divorces par an. Et presque autant de biens à vendre.
- Andre Nogueira

- 26 juin
- 6 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 6 jours

On n'en parle pas souvent. Et pourtant, derrière chaque statistique de divorce se cache une réalité immobilière très concrète: un appartement à partager, une villa à vendre, une hypothèque à gérer à deux alors qu'on ne vit plus ensemble.
En tant qu'agence immobilière ancrée dans la région du Lavaux et de la Côte vaudoise, nous le voyons régulièrement. Des couples qui ont acheté ensemble, qui ont construit leur vie dans un bien, et qui doivent aujourd'hui décider de son avenir dans un moment déjà chargé émotionnellement.
Cet article ne parle pas de chiffres abstraits. Il parle de situations réelles - et de ce qu'elles signifient pour le marché immobilier suisse et vaudois.
Les chiffres que personne ne met côte à côte
Les divorces
En 2023, 15 600 divorces ont été prononcés en Suisse, selon l'Office fédéral de la statistique. Ce chiffre, stable depuis plusieurs années, représente un taux de divortialité de 38,3 %. Autrement dit: près de 2 mariages sur 5 se terminent devant un juge.
Selon les projections actuelles de l'OFS, 39,7 % des couples mariés en 2022 divorceront à un moment ou un autre de leur vie commune. Dans les grandes villes romandes comme Lausanne ou Genève, ce ratio peut atteindre 1 mariage sur 2.
Un autre chiffre souvent ignoré: la durée moyenne du mariage avant divorce est de 15,7 ans. Ce n'est pas anodin. Cela signifie que dans la grande majorité des cas, le couple a eu largement le temps de devenir propriétaire ensemble - et que le bien immobilier est souvent l'actif le plus important à gérer lors de la séparation.
Enfin, chaque année en Suisse, plus de 12 000 enfants sont touchés par le divorce de leurs parents. Un élément humain qui pèse lourd dans les décisions liées au logement familial.
Les propriétaires
En Suisse, 36 % des ménages sont propriétaires de leur logement, soit 1,4 million de ménages selon l'OFS (données 2022). C'est l'un des taux les plus faibles d'Europe - à titre de comparaison, la moyenne européenne dépasse 70 %.
Dans le canton de Vaud spécifiquement, ce taux est encore plus bas: 29,9 % des ménages vaudois sont propriétaires. Ce chiffre masque toutefois de fortes disparités: dans le district de Lausanne, seulement 12,4 % des ménages sont propriétaires, tandis que dans le Gros-de-Vaud, ce taux monte à 48,3 %.
La région qui nous concerne directement - le district de Lavaux-Oron, qui comprend Lutry, Paudex, Pully, ou encore Bourg-en-Lavaux - affiche des prix parmi les plus élevés du canton. Les communes proches du lac dépassent d'un cinquième la moyenne cantonale en termes de valeurs immobilières.
Ce que ces deux réalités signifient ensemble
Croisez ces deux ensembles de données, et vous obtenez une réalité très concrète: chaque année en Suisse, des milliers de ménages propriétaires se séparent et doivent gérer un bien immobilier commun dans un contexte émotionnellement difficile.
Il n'existe pas de statistique officielle précisant exactement combien de divorces aboutissent à une vente immobilière. Mais les professionnels du secteur s'accordent à dire que dans la grande majorité des cas, la séparation entraîne soit une vente, soit un rachat de parts - les deux impliquant une estimation professionnelle et, souvent, l'intervention d'une agence.
Ce que valent les biens aujourd'hui dans la région
Si vous êtes propriétaires dans la région du Lavaux ou de la Côte vaudoise et que vous traversez une séparation, voici un aperçu du marché actuel - parce que connaître la valeur de votre bien est la première étape de toute décision.
À Lutry (données RealAdvisor, 2025):
Prix médian d'une maison: environ CHF 2 750 000
Prix moyen au m²: CHF 13 139
Évolution sur 12 mois: +3,3 % pour les maisons, +4,5 % pour les appartements
Évolution sur 25 ans: +140 % pour les maisons, +164 % pour les appartements
Ces chiffres sont éloquents. Un couple qui a acheté une maison à Lutry il y a 15 ans - la durée moyenne d'un mariage avant divorce - a vu la valeur de son bien plus que doubler. Ce qui signifie que l'enjeu financier d'une séparation dans cette région est considérable, et que chaque décision prise sans information précise peut coûter très cher.
Dans le district de Lavaux-Oron plus largement, la BCV notait au premier semestre 2025 une hausse de 3,0 % pour les maisons individuelles et de 2,8 % pour les PPE (propriétés par étages). Le marché est actif, la demande reste soutenue, et le taux de logements vacants dans le canton est historiquement bas (0,89 % au 1er juin 2025 selon l'État de Vaud).
Le divorce, deuxième cause de faillite personnelle en Suisse
Ce chiffre mérite qu'on s'y arrête. Selon les données compilées par les spécialistes du droit suisse de la famille, le divorce est la deuxième cause de faillite personnelle en Suisse.
Pourquoi? Parce que la dissolution d'un ménage a des conséquences financières massives et souvent sous-estimées:
Le passage de deux revenus à un seul pour assumer les mêmes charges fixes
Le remboursement d'une hypothèque conçue pour deux, désormais à assumer seul
Les frais de procédure et d'avocat
La nécessité de reconstituer deux logements séparés
L'impôt sur les gains immobiliers lors de la vente du bien commun
Les femmes avec enfants sont particulièrement exposées: selon une étude financée par le Fonds national suisse (Fluder et al., 2024), le taux de risque de pauvreté augmente de 18 points de pourcentage après un divorce pour les mères, et de 12 points pour les femmes sans enfants.
Ces données ne sont pas là pour alarmer, mais pour rappeler une chose essentielle: les décisions prises autour du bien immobilier lors d'un divorce ont des conséquences financières durables. Vendre trop vite, vendre trop bas, ou mal évaluer la soulte lors d'un rachat peut engager l'avenir financier des deux parties pendant des années.
Ce que le marché 2025 change pour vous
Le contexte immobilier actuel joue en faveur des vendeurs. Après plusieurs années de ralentissement, le marché suisse est en reprise: les transactions ont progressé, les prix se maintiennent à la hausse dans la région lémanique, et les taux hypothécaires se sont stabilisés à des niveaux historiquement attractifs (autour de 1,6 % à 1,7 % pour les taux longs selon les données BNS de mi-2025).
Pour un couple qui doit vendre un bien dans le district de Lavaux-Oron, cela signifie:
Une demande active d'acheteurs solvables
Des prix stables ou en légère hausse
Des délais de vente raisonnables pour un bien correctement estimé et présenté
Un contexte favorable à la négociation
Vendre sous contrainte - parce qu'un divorce l'exige - ne signifie pas vendre dans de mauvaises conditions. Cela signifie surtout vendre avec les bons outils: une estimation juste, une présentation professionnelle, et un accompagnement adapté à la complexité de la situation.
Pourquoi une estimation indépendante est indispensable
Dans une vente ordinaire, les deux vendeurs partagent le même intérêt: obtenir le meilleur prix. Dans une vente de divorce, ce n'est pas toujours le cas. L'un peut vouloir vendre rapidement pour tourner la page ; l'autre peut vouloir attendre une meilleure offre. L'un peut surestimer la valeur affective du bien ; l'autre peut la sous-estimer pour accélérer la procédure.
C'est pourquoi une estimation réalisée par un professionnel indépendant et reconnu est indispensable - et souvent imposée par le notaire ou les avocats en charge du dossier. Elle sert de référence acceptée par les deux parties, évite les négociations internes épuisantes, et protège chacun.
Chez André Homes, nous réalisons des estimations confidentielles et gratuites pour les propriétaires de la région. Notre connaissance du marché local - des prix au m² à Lutry aux spécificités des biens avec vue sur le lac dans le Lavaux - nous permet d'apporter une évaluation précise, documentée, et défendable devant toute partie prenante.
Ce que nous retenons de ces chiffres
15 600 divorces. 1,4 million de ménages propriétaires. Un marché immobilier vaudois en reprise. Des biens qui ont doublé de valeur en 25 ans.
Ces données convergent vers une seule réalité: la gestion d'un bien immobilier lors d'une séparation est un enjeu financier majeur, dans une région où les valeurs immobilières sont parmi les plus élevées de Suisse.
Bien s'entourer - d'un avocat spécialisé, d'un notaire, et d'une agence immobilière de confiance - n'est pas un luxe. C'est une protection pour les deux parties, et souvent la différence entre une sortie de situation ordonnée et des années de conflit sur fond de patrimoine mal géré.
Vous êtes propriétaires dans la région du Lavaux ou de la Côte vaudoise et vous traversez une séparation? André Homes vous propose une estimation confidentielle et gratuite de votre bien, sans engagement. Nous vous accompagnons avec discrétion, quel que soit le stade de votre procédure.



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